Chef de projet infrastructures de transports – Le métier de Géraldine

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Géraldine, 36 ans, nous présente son métier de chef de projet pour les infrastructures de transports. Son témoignage nous offre un aperçu de la gestion de projet. Elle nous parle notamment de son rôle aux différentes phases des projets de transports dont elle a la charge tels que le réaménagement de pôles d’échanges et l’aménagement de transports en commun en site propre. 

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Géraldine, quel métier exercez-vous actuellement?

photo-GéraldineJe suis chef de projet infrastructures de transports dans le service Déplacements dans la Communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines. Je suis plus particulièrement en charge des projets de réaménagement de pôles d’échanges multimodaux et de transports en commun en site propre sur le territoire de la Camy. Je travaille essentiellement sur les phases amonts (études d’opportunité, avant-projets sommaires, dossiers d’objectifs et de caractéristiques principales, schéma de principe…), mais je copilote aussi les études détaillées avec le service Voirie Espaces Publics.

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En quoi votre métier consiste-t-il? Quelles sont vos différentes missions ?

Mes missions concernent spécifiquement le pilotage de projet, et pour qu’un projet voit le jour, différentes étapes sont nécessaires, dont les études préalables et détaillées constituent son armature.
Avant de lancer une étude, on doit étudier les différentes possibilités de financement et leurs procédures. Par exemple, dans les cas des pôles d’échanges, l’éligibilité à certaines subventions dépend des classifications élaborées par le STIF (niveau 1,2 ou 3) et parfois on doit monter une convention financière rendant la procédure plus complexe et plus lourde. On peut aussi être amené à lancer des études préalables d’opportunité avant une demande d’inscription dans les documents de planification (Plan de déplacement urbain (PDU) ou les Contrats particuliers région-département (CPRD)) et le montage des conventions de financement. En effet, les financeurs ne s’engageront pas si l’intérêt du projet n’est pas démontré. L’intérêt d’inscrire son projet dans un document de planification permet de le sécuriser et de garantir son exécution, du moins dans les études.

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A noter, le montage de dossiers de subvention se fait tout au long du projet, lors de ses différentes étapes. Par exemple, pour certains pôles d’échanges, on monte un dossier de subvention pour le financement des études d’aménagement global du pôle, puis des dossiers de subventions lors des études détaillées selon la nature des aménagements retenus : parc relais, gare routière, aménagement de voirie, Véligo…

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On doit ensuite procéder au montage du marché en partenariat avec le service des Marchés Publics. Alors que ce service travaille davantage sur les autres pièces administratives, je travaille pour ma part plus spécifiquement sur le cahier des charges. Certains cahiers des charges sont confiés à notre assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO), dans ce cas, je définis le contenu, les objectifs, la méthodologie et les partenaires, puis je suis et oriente le travail du bureau d’études jusqu’à finalisation.
Après une période de consultation des candidats et de réception des offres, il faut analyser les candidatures, faire un classement via des critères prédéfinis et déterminer le bureau d’études à retenir.

Une fois le bureau d’études retenu, je passe en phase « pilotage des études ». En tant que maître d’ouvrage, j’accompagne et cadre le travail du bureau d’études sélectionné. J’organise et mène également des réunions (réunions de lancement, comités techniques, comités de pilotage,…) pour chaque partie technique des études. Si les dénominations changent selon les projets, globalement la vie d’un projet commence par le diagnostic, puis la proposition de plusieurs scénarii d’aménagement, et l’approfondissement d’un scénario retenu. Le pilotage implique également le suivi administratif, budgétaire et financier des études.

Lorsque le scénario retenu est validé, nous passons aux études de maîtrise d’œuvre. A ce moment là, le service Voirie reprend la main, mais je reste en co-pilotage pour m’assurer du respect des objectifs et des partis pris en études préalables. La gestion administrative et budgétaire reste aussi de ma responsabilité.

Parmi ces différentes missions qu’est-ce-qui est le plus prenant ?

La coordination des différents partenaires est un aspect important de mon travail puisque les thématiques abordées concernent et impactent de nombreux acteurs tels que le STIF, les communes, le Conseil général, les transporteurs collectifs routiers, la SNCF, les associations, les établissements fonciers ou d’aménagement, etc…

Il faut aussi savoir que les procédures sont plus lourdes pour les projets impactant l’environnement, nécessitant des expropriations, une adaptation des documents d’urbanisme ou une enquête publique. Elles influent fortement sur le planning de réalisation des projets. Pour le foncier par exemple, il faut établir les projets d’acquisition ou de convention d’occupation avec les propriétaires fonciers sur la base de négociations qui sont souvent longues. Il faut définir les différents gestionnaires des espaces, la mise en place d’une délégation de service public, …

Selon vous, quel est le rôle d’un chef de projet ?

C’est d’anticiper les différentes procédures à mettre en place, de veiller à la tenue du planning et de mesurer les aléas. Ce n’est pas toujours facile parce que les problématiques rencontrées sur les projets sont diverses. Sur un des projets de pôle d’échanges dont j’ai la charge, le réaménagement doit permettre d’anticiper une restructuration du réseau de bus urbain en réorganisant le pôle bus et en permettant aux véhicules de transports collectifs de se retourner, mais il doit également répondre aux obligations de mise en accessibilité, améliorer les cheminements pour les modes actifs, proposer du stationnement cycles et améliorer les espaces d’attente, l’information voyageurs et la signalétique. Sur un autre pôle d’échanges, on doit se coordonner avec plusieurs projets (routier, urbain et économique) sur le même secteur tout en veillant à répondre à nos objectifs qui sont : la suppression du stationnement de surface, l’aménagement d’une gare routière au plus près des quais avec une évolutivité lui permettant d’accueillir un renfort d’offre bus, l’aménagement et la sécurisation des cheminements piétons, le développement d’aménagements et de stationnement cycle, le traitement la question de la dépose minute et du stationnement courte durée de reprise des voyageurs, le tout en garantissant l’accessibilité PMR sur l’ensemble du site.

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Pouvez-vous décrire une journée type ?

La journée type n’existe pas, cela dépend de l’avancement des études et des dossiers connexes. Certaines semaines sont très chargées en réunions, notamment en phases de rendu des bureaux d’études. Il faut relire et amender les rapports et les présentations, puis faire les allers-retours avec les bureaux d’études et gérer en parallèle d’autres questions comme le foncier. La gestion de l’administratif et de l’organisation des réunions est également lourde : suivi des conventions de financement, des ordres de service, des factures… Les dossiers connexes sur lesquels nous intervenons demandent également de la préparation et impliquent des réunions. Dans mon cas, c’est le suivi du projet Eole, les conseils et le suivi des questions de mobilité dans les projets urbains, les documents de planification, le suivi des études circulations…

Je n’ai pas de journée type, ce qui est plus dynamique à mon sens… Il faut s’adapter à l’avancement des prestataires, aux demandes extérieures, aux mails et demandes d’information en gardant en tête les plannings.

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A quels objectifs devez-vous répondre ?

Je dois trouver des financements et mener à bien les projets de réaménagements de pôle d’échanges ainsi que les projets de transports en commun en site propre (TCSP). Ça veut dire que je dois coordonner les différents acteurs et animer les échanges. En tant que pilote, il faut solliciter tous les acteurs ayant un rôle dans le projet. La communication et l’échange entre les différents partenaires est un élément essentiel pour que le projet « prenne ». Les intérêts sont parfois divergents, il faut alors trouver des terrains d’entente.
Je dois aussi gérer les aléas, sécuriser les procédures, m’assurer de la bonne tenue du planning et maîtriser les coûts de chaque projet.

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Qu’est-ce-qui vous plaît le plus dans votre métier?

Être au service de la population et travailler pour l’amélioration de leurs conditions de déplacements, en promouvant un développement durable et raisonné et en s’adaptant aux contraintes du territoire.

J’aime aussi le “mode projet” qui implique une collaboration avec de nombreux partenaires et la nécessité de travailler sur de nombreuses thématiques. C’est à la fois un travail de terrain et un échange continu avec les acteurs publics et privés du développement territorial. Cela demande d’établir une relation de confiance avec ses collaborateurs, d’avoir une capacité d’adaptation et de savoir anticiper.

Quels sont les contraintes de ce type de poste ?

Les contraintes sont liées à la nature même des projets. Lorsqu’on démarre un projet depuis la recherche des financements, il faut travailler de longues années avant de voir le premier coup de pioche. Les temps d’études sont très longs, ce qui rend d’ailleurs parfois les choses instables (élections, problèmes de financement,…).

Il y a également la gestion administrative et financière qui est chronophage.

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Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre métier ?

Il faut de la réactivité, ne pas laisser traîner les choses, régler les problèmes au plus vite et travailler dans des délais parfois courts. Il faut aussi une forte adaptabilité. Certains évènements (changements municipaux, nouveaux collaborateurs ou problèmes survenant lors des études) peuvent fortement influer sur les projets ce qui demande des reprises sensibles. D’ailleurs, pour cette raison, il faut de la persévérance car il ne faut surtout pas se laisser submerger par les difficultés, mais aussi savoir gérer le stress lors de situations conflictuelles ou de délais serrés. Après il faut aussi de la rigueur et une bonne organisation. C’est indispensable car le nombre et la diversité des tâches sont importants et le moindre oubli peut entraîner des retards ou une insécurité du projet. Il est aussi conseillé d’être à l’aise techniquement parce que c’est toujours plus facile lorsque l’on maîtrise son sujet de gérer les avis divergents et d’anticiper les points techniques durs.

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Diplomes

Quel a été votre parcours de formation? 

Après un deug de sociologie à l’université Paris X, j’ai poursuivi par une licence et une maîtrise d’urbanisme, puis j’ai continué sur un DESS en urbanisme et aménagement à l’Institut français d’urbanisme (IFU) et enfin j’ai fait le master Cité et Mobilité à l’Institut d’urbanisme de Paris (IUP) et l’Ecole nationale des ponts et chaussées. Je suis partie d’une formation généraliste vers l’acquisition de compétences plus pointues. Les stages tout au long de mon parcours scolaire et mon dernier master ont été très formateurs, me donnant des outils et techniques opérationnels.

La formation ne s’arrêtant pas au parcours scolaire, 7 ans de travail en bureau d’études m’ont permis de travailler sur des études très variées portant sur des projets urbains et des études techniques très pointues, de compléter mes connaissances et d’acquérir de l’aisance et de la confiance.

Comment avez-vous trouvé cet emploi?

Très classiquement en répondant à une offre d’emploi qui avait été diffusée par le réseau des anciens élèves de l’IUP.

Je remercie Géraldine de s’être prêtée au jeu de l’interview
et de m’avoir consacré un peu de son temps.

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