Chargée d’études Mobilité-Transports – Le métier d’Emilie

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Emilie, 32 ans, nous présente son métier de chargée d’études Mobilité-Transports à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France. Je vous propose de découvrir à travers son témoignage une facette des transports assez peu connue. Elle nous présente son rôle et ses missions dans une institution dont le rôle est de défendre les intérêts des entreprises. 

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Quel métier exercez-vous actuellement et depuis combien de temps?

photo-EmilieJe suis chargée d’études Mobilité-Transports à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France. Mon travail consiste à réaliser des prises de position de la CCI sur des projets de transports de personnes et de marchandises. Je participe également à leur valorisation dans le cadre de publications qui sont faites par la CCI.

Depuis combien occupez- vous ce poste ?

Depuis mai 2014.

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En quoi consiste votre poste ?

Mon travail consiste à réaliser des expertises sur des projets de mobilité et de transport. Je dois prendre en compte toutes leurs dimensions : économique, budgétaire, juridique et territoriale. J’analyse les projets de transports au regard des intérêts des entreprises puisque la CCI a pour mission de représenter les entreprises et leurs intérêts, à travers la rédaction de rapports, de communiqués de presse ou bien en faisant des prises de position argumentées qui sont publiées sur notre site internet et imprimées pour une large diffusion.
Par exemple, je prépare les avis de la CCI pour le conseil d’administration du STIF puisque le Président de la Chambre de commerce participe au conseil et émet des avis sur les différents projets.
Je présente également des propositions de prises de position devant la commission du développement économique régional pour avis et validation des élus avant diffusion à l’extérieur. Cette commission est composée de chefs d’entreprises élus par leurs pères au sein de la chambre de commerce. Par exemple, dernièrement, j’ai réalisé une note de cadrage pour présenter aux élus de cette commission un sujet sur lequel nous souhaitions réaliser un rapport et valider la méthode de travail qui sera appliquée.
J’assure aussi le suivi de la thématique « logistique-fret » concernant l’évolution de la réglementation et des politiques sur ce sujet et j’assure également le lien avec les autres acteurs institutionnels pour déterminer si les projets qu’ils veulent mettre en place pourraient intéresser les entreprises de logistique.

Donc votre but est d’aider ces politiques publiques à développer le fret selon les besoins des entreprises ?

Plus précisément à évaluer les besoins des entreprises et être force de proposition.

De quelle manière aidez-vous à définir leurs besoins ?

La commission du développement économique régional compte parmi ses membres des représentants des fédérations qui sont souvent amenées à faire des enquêtes auprès des entreprises de leur secteur pour connaître leurs besoins en formation ou sur les outils d’accompagnement par exemple.

La commission régionale, qu’est-ce-que c’est ?

En fait il s’agit d’une commission composée d’une vingtaine d’élus qui représentent tous les secteurs d’activité, à la fois dans les grands groupes et les PME-TPE. Ils sont issus de domaines très variés, ce qui permet d’avoir des avis d’experts sur les différents sujets, mais aussi des avis de personnes extérieures au domaine. Cela permet d’enrichir les débats et d’avoir une communication assez large envers les experts et envers les non-initiés.

Vous vous positionnez sur des projets de transports, sur quels types de projets vous-positionnez-vous? Locaux ? Nationaux ?

En général, ce sont plutôt des projets d’intérêt régional et stratégiques pour les entreprises tels que le Grand Paris Express. La CCI émet un avis car les entreprises contribuent à son financement de manière importante, notamment via des redevances et des taxes. Nous veillons notamment au respect des enveloppes budgétaires allouées et au respect du calendrier de réalisation.

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Pouvez-vous décrire une journée type ?

Tous les matins, je réalise “la veille” sur les sujets qui intéressent la Chambre du commerce, c’est-à-dire que j’assure de le suivi de l’actualité. Je suis abonnée à la veille du CROCIS sur les transports et à d’autres newsletters. Quand il y a des sujets d’intérêt régional, je créé une fiche thématique ou j’en actualise une existante. Ensuite, je travaille sur les rapports en cours. J’étudie tout ce qui a été réalisé sur un sujet, je lis des rapports et rencontre des acteurs experts dans le domaine en question. Dans le cadre de notre rapport de la logistique sur le e-commerce, nous collaborons avec l’Institut d’aménagement et d’urbanisme Ile-de-France qui réalise aussi une étude sur ce sujet, notamment pour les entretiens avec les acteurs du secteur et la réalisation des compte-rendus. Nous menons également une réflexion avec des spécialistes en internes (juristes, géographes, économistes, fiscalistes) et les chargés d’études des CCI départementales et territoriales. Ces derniers nous font part des expériences menées localement, ce qui permet de donner une dimension plus opérationnelle au rapport . On les contacte pour connaître leurs problématiques de terrain, pour savoir ce qu’il faudrait améliorer, faire des préconisations dans nos rapports et nous permettre de définir des plans d’actions opérationnels.

Vos missions consistent donc essentiellement à faire de la veille et à travailler différents rapports ?

En fait c’est de la lecture, de la synthèse, de la rédaction et de la coordination de travaux réalisés dans le cadre de groupes de travail internes avec les spécialistes de la chambre de commerce. J’assiste également à des groupes de travail externes, avec les partenaires institutionnels qui travaillent aussi sur les mêmes sujets (STIF, DRIEA, la Région, Fédération de transporteur, des aménageurs, …).

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A quels objectifs devez-vous répondre ?

Il y a deux objectifs essentiels :
Défendre les intérêts des entreprises. En matière de transport, cela consiste à limiter la contribution financière des entreprises parce qu’elles participent tout de même à hauteur de 62% du financement des transports, mais c’est surtout veiller à l’efficacité des projets et à ce qu’ils répondent aux attentes des entreprises qui souhaitent assurer le transport de leurs salariés, de leurs clients et de leurs fournisseurs.
Participer au rayonnement de la région Ile-de-France et à son développement puisque les transports performants permettent de véhiculer une bonne image de la région et donc de favoriser le développement économique.

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Qu’est-ce-qui vous plaît le plus dans votre métier?

De pouvoir proposer des stratégies qui vont être déclinées au niveau opérationnel et qui , par conséquent, vont faciliter le quotidien des entreprises. Ce que j’aime aussi c’est le travail en transversalité avec d’autres collègues experts des questions économiques, juridiques ou urbanistiques parce que cela est enrichissant et cela me permets d’aborder des sujets d’un point de vue auquel je n’aurais pas penser. J’aime aussi la diversité des sujets, le fait de pouvoir à la fois travailler sur le transport de voyageurs et le transport de marchandises. J’aime également découvrir de nouvelles logiques d’acteurs. Jusqu’à présent j’avais plutôt travaillé au niveau local, maintenant je travaille au niveau régional donc je découvre d’autres enjeux.

C’est-à-dire ?

Par exemple, lorsque l’on défend les intérêts des entreprises on voit comment la Chambre du commerce Paris-Ile-de-France négocie avec la Région pour faire en sorte que les intérêts des entreprises soient pris en compte.

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Quels sont les contraintes de ce type de poste ?

Il faut avoir une forte réactivité, en particulier lorsqu’il y a des demandes de cabinet.. C’est aussi pour ce genre de situation qu’on fait des fiches thématiques. Des fois on nous dit « il nous faut ça pour dans 1h », y compris sur des sujets de fond auxquels il faut bien réfléchir parce que toute proposition qu’on va faire peut avoir des conséquences sur le quotidien des gens. On a donc intérêt à bien réfléchir à ce que l’on va dire et aussi sur la manière de rédiger les choses parce que finalement des mots qui peuvent parfois paraître des synonymes peuvent avoir un impact très fort derrière. Cela nécessite de bonnes qualités rédactionnelles et de savoir faire preuve de diplomatie.

Emilie-Qualités

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre métier ?

Il faut avoir une bonne connaissance de l’environnement juridique, institutionnel et politique, savoir appréhender les logiques d’acteurs dans le domaine des transports et savoir travailler en transversalité, à la fois en interne mais aussi avec les partenaires institutionnels. Quand on travaille en transversalité il faut aussi savoir travailler avec son réseau de connaissance et avoir un bon relationnel parce que parfois il nous faut rapidement des informations. Il faut aussi avoir un bon esprit d’équipe. Quand on est dans le rush, c’est toujours sympa d’avoir un collègue qui peut nous donner un coup de main. Il faut aussi avoir une rigueur d’analyse et avoir de très bonnes capacités rédactionnelles. Il faut savoir synthétiser les travaux pour les élus et conceptualiser les idées. Il faut aussi avoir une bonne compréhension des attentes des entreprises et avoir une forte réactivité quand on nous demande des choses à la dernière minute.

Ça arrive souvent qu’on vous demande des choses à la dernière minute ?

C’est par période. Par exemple, lorsque quelque chose va sortir sur le Grand Paris forcément derrière il faudra pouvoir réagir assez vite.

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Diplomes

Quel a été votre parcours de formation?

J’ai fait un bac littéraire, puis un DEUST en droit de l’environnement et de l’urbanisme à l’Université Lyon 3. Après, j’ai fait une licence professionnelle d’aménagement et d’urbanisme à Lyon 2, puis un master Logistique territoire environnement à l’Université de Cergy-Pontoise. Une fois entrée dans le monde professionnel, j’ai fait des formations plus spécifiques : une formation sur le transport en site propre et une formation sur les marchés de transports publics.

Comment avez-vous trouvé cet emploi?

J’avais vu une annonce sur le site de l’Apec à laquelle j’avais répondu.

Qu’avez-vous fait avant d’occuper ce poste?

J’ai eu mon diplôme il y a 9ans. Lors de mes deux premières années d’expérience, j’ai travaillé dans un secteur du transport très opérationnel où je faisais de la coordination de terrain. Mon expérience liée à l’aménagement et aux études des transports est de 6 ans.

Je remercie Emilie de s’être prêtée au jeu de l’interview
et de m’avoir consacré un peu de son temps.

rien-manquer presenter-métier.

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