Open Data et applications transports: questions

recherche-telephone-2source: unsplash.com by Josh Felise

Pour la revue de presse de la semaine du 11 au 17 avril 2016, j’ai lu plusieurs articles concernant le problème de partage de données temps réel qui divise Citymapper et la RATP.  Pour être honnête, je ne suis pas certaine d’y voir plus clair après ces lectures puisqu’elles ont fait naître ne nombreuses autres questions. Voici quelques questionnements à chaud. Il faudra bien sûr que j’y réponde, mais certaines personnes parmi vous ont certainement des connaissances plus approfondies sur le sujet et pourront me guider dans mes recherches.

  • Problème: la RATP refuse de donner accès à ses données temps réel

Avant de passer aux questions, commençons par un rappel de la situation. Grosso modo,  la méchante RATP refuse de donner accès à ses données temps réel à la gentille application Citymapper, qui elle, souhaite rendre service aux usagers. Présentation un peu caricaturale, mais grossièrement c’est le point de vue qui ressort des articles publiés sur le sujet. Pour plus d’information sur le contexte et les positions de chacun, je vous invite à lire les revues de presse des deux dernières semaines (04 – 10 avril (1) /11-17 avril (2)).

Finalement, la question posée est : faut-il que la RATP cède à la demande de Citymapper et ouvre l’accès à ses données temps réel? Beaucoup de personnes semblent avoir un avis tranché sur la question.
Les “pour” vous diront que c’est le futur. Cette démarche permet aux usagers de choisir l’application qui leur convient le mieux. Elle leur permet également de profiter d’une offre plus innovante, car l’application RATP ne couvre actuellement pas tous les besoins.
Les “contre” vous expliqueront qu’une ouverture des données sans règles du jeu comporte des dangers tels que la « 
captation des savoir-faire, [la] distorsion de concurrence et [l’]anéantissement des efforts d’innovation des entreprises opérant en France” (3). Par exemple, la RATP redoute un manque à gagner, car donner accès aux données en temps réel aux applications tierces, c’est leur permettre de créer des données enrichies qu’elles peuvent ensuite revendre.
Et vous, quel est votre avis sur la question ? Vous avez un avis tranché ? Pour moi, les craintes et les arguments des deux acteurs soulèvent d’autres questions. Vous pourrez peut-être répondre à certaines d’entre elles!

  • La fin des applications par les autorités organisatrices ?

Dans sa pétition (4), Citymapper explique que Londres et New York ne créent plus leur propre application pour la recherche d’itinéraire et laissent ce rôle aux applications tierces.

Londres et New York se reposent maintenant uniquement sur les applications de transport développées par des tiers grâce à l’Open Data. (change.org – (4))

D’après le blog TfL Digital (5), cette décision présente de nombreux avantages:

  • permettre au plus grand nombre d’avoir le plus large accès possible à l’information voyageur
  • permettre aux usagers de choisir le trajet le plus efficace et ainsi mieux utiliser les réseaux
  • développer les compétences et les revenues de petites entreprises utilisant les données
  • favorise l’innovation
  • réduire les dépenses de l’autorité organisatrice en investissant plus dans le développement et le maintien d’une application

Malgré les avantages présentés, j’imagine que cette solution n’est pas parfaite à 100%. Le premier problème visible, les individus sont demandeurs d’une application officielle. L’article du blog répond d’ailleurs à ces personnes qui demandent quand sera développée l’application TfL.

Questions:

  • Quels sont les avantages d’une autorité organisatrice ou d’un transporteur à avoir sa propre application ?  
  • Est-ce que laisser entièrement les applications tierces gérer l’information sur mobile, revient à perdre le contrôle de l’information diffusée?
  • Pour un transporteur ou une autorité organisatrice, sur quels types d’information est-il préférable de garder le contrôle ?
  • Ce type d’application permet de récupérer les Origines/Destinations recherchées. Est-ce que les collectivités et transporteurs commencent à utiliser ces données pour améliorer leur service ?

 

  • La perte de dialogue avec les usagers.

La RATP a peur de perdre sa relation avec ses clients.

“Si on les laisse s’en servir gratuitement, on risque de vivre ce qu’ont vécu les hôtels avec Booking.com et perdre notre relation à nos clients. » (lemonde.fr – (6))

À l’heure où les réseaux sociaux sont omniprésents, il est vrai qu’un dialogue avec le client devient la norme. Nous sommes de plus en plus demandeurs de ce type d’interactions.

Questions:

  • À travers son application, est-ce que la RATP entretient une relation avec l’usager ? Par quels moyens ? 
  • Sur les applications tierces, est-ce qu’il y a habituellement un relais vers les sites ou les réseaux sociaux des transporteurs pour reporter des problèmes, poser des questions … ?
  • En termes d’information voyageur et relation client, quelle est la répartition des rôles entre l’application tierce, l’autorité organisatrice et le transporteur ?

 

  •  Données produites par l’Open Data

La RATP redoute surtout le profit que les applications tierces pourraient faire en revendant les données Open Data enrichies de leurs données.

« Il n’est pas question qu’un acteur développe dans son coin une application capable de croiser les données temps réel des transport à celles des commerces locaux, par exemple, et d’en tirer profit, en la commercialisant notamment, sans la partager avec les autres. (Mobilicités – (7))

Pour cette raison, lorsqu’elle ouvrira ses données, elle souhaite le faire sous licence ODbL (8)(open database licence). Cette licence implique de mentionner la paternité, de partager aux conditions identiques et de rester ouvert.

Questions:

  • Que se passe-t-il avec les données produites par Citymapper à l’heure actuelle ?
  • Est-ce que les villes qui donnent accès à leurs données peuvent avoir accès aux données produites par Citymapper?
    Quand il faut restructurer un réseau ou des lignes, il est toujours appréciable d’avoir des données, mais celles-ci n’existent pas toujours et sont coûteuses à créer. Ces applications représenteraient un moyen supplémentaire d’obtenir des données, mais sont-elles rétrocédées ? On retrouve ce même débat avec les données produites par Uber.

 

Et vous, est-ce que vous vous posez des questions sur ce sujet ?
Avez-vous des réponses pour certaines de ces questions ?

(1) Actualité transport pour la semaine du 4 au 10 avril 2016, nosdeplacements.com — (2) Actualité transport pour la semaine du 11 au 17 avril 2016, nosdeplacements.com — (3) Jean-Pierre Farandou, L’ouverture des données, oui ; la fin du secret industriel, non, lesechos.fr, 06/04/2016  — (4) Citymapper, Pour l’ouverture des données de la RATP !, www.change.org, consulté le 17/04/2016 — (5) Tim Williams, Unified API: Live Tram Arrivals Added, blog.tfl.gov.uk, 18/04/2016 — (6) Philippe Jacqué, Citymapper, cette start-up qui agace la RATP, lemonde.fr, 09/04/2016 — (7) Florence Guernalec, RATP-Citymapper : passe d’armes sur l’ouverture des données, mobilicites.com, 15/04/2016 — (8) Résumé de la licence ODbL 1.0 fr, vvlibri.org, consulté le 18/04/2016

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